La France a enfin trouvé son remède miracle, sa potion magique capable de résoudre toutes les problématiques ou les dysfonctionnements de nos relations sociales.
Pour trouver une solution à vos problèmes de GPEC ou d’emploi des seniors ou encore de souffrance au travail, il suffit de vous prescrire une petite obligation de négocier, si possible dans les 2 ou 3 mois qui viennent pour que forcément tout s’arrange, du moins pour le ministre l’ayant prescrit.
Mais la dernière annoncée relative au "stress" et qui fait suite aux différents suicides ayant eu lieu dans des entreprises, fait preuve d’originalité. L’obligation ne repose sur aucun texte de loi, seule une déclaration du ministre du Travail lors de la réunion du Conseil d'orientation sur les conditions de travail du 9 octobre dernier tient lieu de force de … fait (et non de droit). Point de sanction financière donc en l’absence de texte, mais une sanction par l’image, le ministère du Travail publiera sur son site la liste des entreprises où les négociations n'auront pas abouti. " La première sanction, ce sera la transparence, a affirmé Xavier Darcos. Les grandes entreprises (seules les entreprises ou les groupes d’entreprises d’au moins 1 000 salariés sont concernés) qui tiennent à leur image ont tout intérêt à agir ".
Un système déclaratif sera mis en place au sein des directions régionales et départementales du travail. "Les services déconcentrés du ministère effectueront un contrôle "entreprise par entreprise" afin d'éviter les simples pétitions de principe", a également déclaré le ministre.
Cerise sur le gâteau, c’est d’ici le 31 janvier 2010, que les entreprises devront avoir engagé des négociations, soit un mois seulement après avoir éventuellement conclu un accord (ou mis en place un plan d’action) sur l’emploi des seniors.
On se permettra ici un avis péremptoire : Multiplier les obligations de négocier sur des problématiques aussi complexes et difficiles pour l’ensemble des partenaires sociaux et ce avec des échéances aussi rapprochées, n’est pas sérieux ! D’autant que les signaux envoyés aux partenaires sociaux sont pour le moins contradictoires. Rappelons, que le Parlement a voté il y a un an une loi permettant de travailler 235 jours/an ou même 282 jours/an ou que les ruptures conventionnelles des contrats de travail se multiplient avec les seniors (voir notre rubrique « alerte »). Ainsi, vous pouvez largement augmenter la durée de travail des salariés mais n’oubliez pas de négocier sur le stress ; Vous pouvez conclure avec les seniors des ruptures conventionnelles, mais pensez à mettre en place des mesures pour favoriser l’embauche de cette catégorie de salariés ou les conserver dans leur emploi. Bonne chance pour faire vos choix dans ces injonctions contradictoires et bon stress aux partenaires sociaux !
Fabrice Signoretto,
Consultant