Les médias peuvent remplir leurs colonnes d'histoires à faire peur quand ils parlent de licenciements économiques. Force est de constater que l'orientation qu'ils donnent au(x) débat(s) va dans le sens d'une stigmatisation des moyens utilisés (selon les cas : Séquestrations temporaires, bouteilles de gaz,…) plutôt que dans celui d'une compréhension de la situation.
Faut-il pour autant tout comprendre et tout soutenir ? Non. Mais ne parler que des conséquences et pas des causes est facile, peu courageux et irrespectueux des situations collectives et individuelles.
Ce qui est au centre, c’est la question des relations sociales et de l'emploi. En la matière, la mauvaise santé de la France est établie et la loi du 20 août 2008 (relative à la représentativité syndicale) est un début de médication. Toutefois, il nous faut reconnaître que le premier citoyen venu a du mal à comprendre que des entreprises qui gagnent de l'argent l'affectent en priorité aux dirigeants et aux actionnaires et accessoirement (parfois même pas) aux salariés. Apprendre, dans le cadre d'un compromis (accord) à répartir raisonnablement la richesse (pas de 33/33/33 !) serait le début d'un dialogue à somme non nulle.
En matière d'emploi, le citoyen ne saisit pas non plus ces mêmes entreprises qui licencient au motif de "La Crise", alors que les résultats sont au rendez-vous. Construire quand il est temps un dispositif de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences est sans aucun doute d'une aide beaucoup plus grande en cas de tempête plutôt que de distribuer à ce moment là des euros dont l'efficacité est proche de zéro en matière de reclassement. Un citoyen ne trouve pas d'emploi grâce à des euros (3 000 c'est de la provocation et 30 000 n'ont pas plus d'effet) mais parce qu'il est accompagné sérieusement. C'est là que se trouve la vraie marque de la reconnaissance de sa contribution passée et de sa compétence. Si de "La Crise", de tels enseignements, comme la vanité du court terme sur le long terme, n'ont pas été compris, alors oui les formes du refus et des incompréhensions vont prendre des tournures surprenantes.
Le compromis, dans tout ce qu'il suppose de compris et de construit, est une arme à utiliser sans plus attendre. Comme le reste, il ne s'use que si l'on s'en sert !
Emmanuel FROISSART