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L'EDITO

Yves PinaudSavoir raison d'être garder

Avec la loi Pacte, les entreprises pourront compléter leur objet social d'une « raison d'être ». La portée en sera d'abord symbolique, tout engagement trop affirmé risquant surtout de se traduire par de nouveaux risques contentieux, avec des salariés comme avec des tiers.

Si cet affichage vise bien évidemment à faire sortir l'entreprise de sa seule finalité de profit, pour intégrer des dimensions sociales et sociétales, il n'échappe pas à une certaine confusion autour des terminologies utilisées.

Ainsi, cette raison d'être viendrait compléter, dans son objet social, les finalités que se donne l'entreprise. Nous pensons, quant à nous, qu'elle ne peut-être que parallèle parce que, sinon en contradiction, en tout cas en tension avec cette finalité.

Parce qu'il y a deux approches possibles de la raison d'être : l'une correspondant au sens qu'un être doté d'une âme peut vouloir donner à sa vie, l'autre renvoyant à « la cause véritable et profonde de l'existence d'une chose », qui lui est fixée par la nature ou son environnement.
Dans le premier cas, elle est fixée de l'intérieur, dans le second de l'extérieur. C'est donc selon nous un abus de penser qu'une entreprise puisse être une addition d'âmes, dotée d'une « raison d'être » partagée. Nous pensons que ses détenteurs peuvent seulement convenir d'une même finalité à poursuivre.

La finalité d'une entreprise, ça peut donc être de gagner de l'argent pour une société de capitaux ou de sauver le monde pour une association humanitaire. Mais sa raison d'être ne peut être que celle que ses clients ou ses bénéficiaires lui reconnaissent ou non.
Les clients d'une entreprise ne sont pas là pour aider les actionnaires à faire du profit. Le jour où les gens n'aimeront plus les yaourts, les entreprises qui en font auront perdu leur raison d'être et devront trouver d'autres produits pour poursuivre leur finalité de profit, ou disparaître. La logique est strictement identique pour l'humanitaire : quand tout le monde passera l'hiver sans difficulté pour se nourrir, les restos du cœur n'auront plus de raison d'être et leurs militants pourront orienter leurs engagements personnels vers d'autres combats.

Dire qu'intégrer les intérêts des salariés de l'entreprise ou des enjeux sociétaux peut faire partie de la « raison d'être » de l'entreprise est donc un nouvel abus de langage, avec le risque de mêmes lieux communs, voire d'impostures que ceux qu'on subit régulièrement avec « l'entreprise libérée » ou le « bonheur au travail ».

Cette idée de raison d'être ne peut être en réalité (mais ce n'est pas rien et ce sera déjà bien, surtout quand ce sera vrai et vérifiable) qu'un élargissement de la finalité qu'elle se donne, soit sur la base de ses valeurs, soit sur celle de son intérêt bien compris (performance de ses salariés, reconnaissance des consommateurs), soit parce qu'on l'y oblige. Elle affiche alors, dans ses finalités, une recherche d'équilibre et de compromis entre des intérêts différents, comme par exemple une finalité d'équilibre entre la rémunération du capital et celle du travail sachant qu'elle ne peut mathématiquement pas optimiser l'un et l'autre en même temps. Elle peut aussi viser un équilibre entre optimisation de sa rentabilité et contribution au développement durable dont on sait qu'il se fera rarement mécaniquement. Elle pourra ainsi afficher une finalité plus large, mais c'est nous qui continuerons, en lui achetant ou non ses produits, de lui reconnaître ou non une raison d'être.

Yves Pinaud

IDée s'étoffe

 

Palko Fassio, Consultant senior et formateur en droit social, vient renforcer l'équipe d'idées au 1er novembre.

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à Messieurs les Membres de la Chambre des Députés :


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