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IDEE CONSULTANTS
L’actualité des RH, des Relations Sociales et du Management

L'EDITO

Frédéric PérinMal-traiter n'est pas sous-traiter, et vice versa

L'actualité récente a relancé la question et les débats autour de la sous-traitance, lui attribuant tous les maux, une fois encore à partir des amalgames et des confusions qui peuvent s'opérer autour du flou de certaines définitions.

Au-delà des définitions juridiques, on appelle communément sous-traitance le fait pour une entreprise de confier à un prestataire une activité relevant au départ de tout ou partie de son métier et non couvrant, comme ses autres fournisseurs, ses besoins pour produire ou pour fonctionner (comme peuvent l'être les matières premières, les biens ou services intermédiaires ou les fournitures de bureaux).

Plusieurs motifs peuvent conduire une entreprise à sous-traiter : soit parce qu'elle a ponctuellement un surcroît de charge dépassant sa capacité d'en assurer le volume, soit parce qu'elle préfère se concentrer sur son cœur de métier et confier à d'autres la production de produits ou de services « périphériques » dont ils sont meilleurs spécialistes, mais qui lui permettent néanmoins de maintenir une offre « globale » à ses clients.

Ainsi, heureusement qu'il y a des sous-traitants pour l'automobile, notamment ceux qui savent faire les airbags qui peuvent nous sauver la vie : aucun constructeur automobile ne sait fabriquer du propergol (composant chimique que l'on retrouve sous la forme d'une petite pastille capable en une fraction de seconde, d'une réaction gazeuse libérant l'airbag et qu'on utilise également comme carburant pour faire décoller les fusées). Si la sous-traitance était remise en cause dans ce cas, nos voitures nous seraient livrées sans airbag et s'il nous venait l'idée d'en faire concevoir et installer un a posteriori, nous aurions probablement quelques difficultés à trouver un fournisseur et dans tous les cas, cela nous coûterait 1000 fois le prix qu'on le paie lorsqu'il a été intégré, via la sous-traitance, par le constructeur.

Le problème, ce n'est donc pas celui de la sous-traitance en tant que telle, mais celui des externalisations en cascade. Lesquelles et pourquoi ? Celles des entreprises dont les contraintes de compétitivité pour exister sur un marché (voire survivre) sont strictement incompatibles avec leurs propres structures de coûts et en particulier les coûts sociaux correspondant aux acquis et statut de leur personnel d'origine.

Elles n'ont alors d'autres choix que d'organiser, par le biais de « sous-traitants », un nouveau sous prolétariat, sans lien de subordination ni surtout droit à quelque revendication que ce soit, autre que de gagner sa pitance et de se maintenir dans la misère pour garantir le maintien des acquis sociaux des autres.

Cela peut toucher de grandes entreprises et y compris certaines d'entre elles qui ont pignon sur rue, non par la qualité de leur produit ou la performance de leur service mais parce qu'elles sont des institutions dont le démantèlement n'est pas envisageable sans qu'on en évoque le drame social auquel cela correspondrait pour ses « salariés/agents ». Ce sont alors des éléphants qui, pour survivre, s'offrent des panoplies de gazelles. Mais parfois, la panoplie se déchire et on découvre en-dessous les pygmées qui la portent en courant. Ce n'est pas de la sous-traitance, c'est de la maltraitance, mais en même temps, peut-être faut-il savoir arrêter de tirer toujours sur le même pianiste et élargir la responsabilité au citoyen/consommateur.

Parmi ceux qui crient au scandale de ce que l'on apprend sur certaines conditions de « sous-traitance », combien sont les mêmes qui ce soir commanderont sur internet, pour 50 euros livraison à domicile comprise, le même produit qu'ils ont vu en magasin pour 80 euros ? Et par quel miracle imaginent-ils que cela soit possible ?

Yves Pinaud

Ça déménage !

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le 19 février 2018

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Yves Pinaud : Directeur de la Publication - newsletter@ideeconsultants.fr
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