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L'EDITO

Yves PinaudVive l'entreprise libérée. De quoi, au fait ?

On sait depuis quelques temps que l'entreprise peut se prémunir de ses contre performances économiques et sociales, des frustrations et mécontentements de ses salariés voire de l'émergence des risques psychosociaux. Il suffit pour cela qu'elle soit libérée et bienveillante.

Sans jeter le bébé (surtout s'il est syndiqué) avec l'eau du bain, nos observations quotidiennes des entreprises nous font penser qu'il faut plus que jamais faire attention à ce qu'une mode managériale n'en chasse pas une autre sans lui avoir donné un vrai contenu et l'idolâtrer uniquement parce qu'elle est justement à la mode.
L'entreprise libérée est celle qui supprimerait les lignes hiérarchiques, développerait l'autonomie voire l'indépendance des salariés dans leur organisation, leur temps de travail ainsi que les modalités d'atteintes des objectifs qu'ils se seraient eux-même fixés.

Tiens donc, ça rappelle quelque chose. Quoi ? Le travail indépendant, celui du pizzaïolo qui a cassé sa tirelire pour une vieille fourgonnette et un four à bois afin d'échapper à la subordination patronale (mais pas à celle de ses clients et de son banquier).

Quelle est fondamentalement la différence ? C'est pourtant simple : Le travail salarié, qui, s'il devenait différent (c'est toujours possible, il suffit de l'inventer) ne serait plus du travail salarié et indépendamment que les juristes le nomment via la dépendance économique ou la subordination au pouvoir de direction est d'abord une réalité basique : c'est l'acceptation par quelqu'un, par le biais d'un contrat et moyennant contrepartie (le cas échéant une rémunération), de mettre son temps et ses compétences au service du projet d'UN AUTRE.

L'entreprise libérée serait-elle alors un conglomérat de pizzaïolo ? Décidant chacun ou en équipe de manière concertée, des meilleurs moyens de contribuer à l'optimisation d'un objet social qu'ils n'auraient pas défini pour la bonne raison qu'il n'est pas le leur, sous l'œil bienveillant des représentants de l'actionnaire que sont les directions générales et qui feraient le pari que la liberté des salariés les ferait concourir comme un seul homme à l'optimisation de l'objet social dont eux-mêmes ont à répondre à l'actionnaire ?

Redevenons sérieux. Pourquoi le concept fait-il actuellement fureur ? Parce qu'il facilite bien l'improbable voire inespérée théorisation des nouvelles organisations hiérarchico-fonctionalo-matricio-transversales. Celles qui se sont généralisées et dans lesquelles plus personne ne sait précisément de qui il peut attendre ni à qui il a à répondre de quoi, sinon d'une atteinte d'objectifs sans fin avec des ressources quant à elles forcément limitées et qu'il est invité à optimiser s'il parvient déjà à les obtenir. Mais voilà que notre nouveau concept tombe à pic pour ces organisations : on aurait pu les penser bordéliques voire kafkaïennes : que nenni, elles sont libérées.

Libérées d'avoir à clarifier les attendus, préciser les objectifs, assurer les moyens, garantir les soutiens, les modalités de contrôle, d'évaluation. Libérées d'une reconnaissance du véritable travail et de la valeur ajoutée apportée, libérée d'avoir à libérer les acteurs de tous les carcans de pilotage et de processus par le haut qui annihilent les prétendues autonomies et espaces d'expression et d'initiatives du terrain. Libérées d'avoir à assumer le métier de patron : être exigeant sur des attendus et des objectifs parce que les conditions et moyens sont fournis pour les atteindre, avec des lignes managériales dépositaires d'une véritable autorité, parce qu'être chef c'est commander mais c'est d'abord servir, avec une culture d'exigence et de bienveillance. Ces organisations et ces managements là restent largement à construire et passent d'abord par des entreprises intelligentes et effectivement libérées : des effets de mode.

Yves Pinaud

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Gilles Karpman : Directeur de la Publication - newsletter@ideeconsultants.fr
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