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IDEE CONSULTANTS
L’actualité des RH, des Relations Sociales et du Management

L'EDITO

Yves pinaudQuand trop de social tue le social

Le risque de tout article qui ose un parti pris est d’être mal compris, surtout par ceux qui veulent mal le comprendre et ce malgré la limpidité de mon expression à venir dont personne ne doute j’espère. Je vais donc le marteler d’entrée : nous sommes chez IDée comme vous l’êtes dans vos entreprises, extrêmement attentifs et attachés aux efforts de maintien dans l’emploi des salariés fragilisés, surtout lorsque cette fragilité est elle-même le résultat d’une longue carrière et de la pénibilté correspondante.
Bon, ça c’est fait et on n’y revient pas.
Il reste donc que dans ce domaine comme dans tout autre, il faut savoir positionner les curseurs et que nous observons régulièrement que beaucoup d’entreprises n’ont pas su fixer les justes limites, parfois sous la pression et pour ne pas s’opposer à des organisations syndicales qui considèrent que la responsabilité de l’employeur, en matière de reclassement, doit être comme pour la sécurité une obligation de résultat, alors qu’elle ne peut d’évidence être qu’une obligation de moyen.
Il va de soi et c’est tant mieux, que les grandes entreprises ont des possibilités, soit d’adaptation, soit d’acceptation d’une performance dégradée sur certains postes, que les TPE/PME, et y compris les plus sociales, ne peuvent économiquement pas se permettre.

Mais on voit bien aujourd’hui que beaucoup d’entreprises sont allées trop loin dans cette obligation, qui pèse d’ailleurs le plus souvent au bout du compte sur les managers, qui après prise en compte des contraintes et des limites de la médecine du travail et des RH, sont invités à être la variable d’ajustement finale et priés de faire avec les ressources dégradées qu’on leur impose, sans que soient toujours (et même rarement) réajustés en parallèle les objectifs de production et de performance.
Ces politiques d’écoute et de prise en compte des inaptitudes, sans risque qu’elles ne puissent jamais aboutir au constat de l’impossibilité de reclassement, conduisent inévitablement à des abus. On voit ainsi d’insupportables douleurs au dos, y compris chez des jeunes populations, qui permettent d’être exempté la semaine de certaines tâches ciblées du poste mais qui peuvent connaître une nette amélioration quand il s’agit le week-end de participer à un rodéo (exemple tiré de la réalité). Ces douleurs variables ouvrent pourtant dans beaucoup d’entreprises, la perspective de pouvoir rapidement échapper au bruit et à la fureur de l’atelier pour découvrir l’univers plus feutré de la comptabilité et avec un niveau d’attendu naturellement réajusté au CAP de soudeur fraiseur. Le reclassé lui-même ne peut parfois d’ailleurs n’être que faussement gagnant dans cette approche : en cas de rupture d’emploi, les réalités de l’économie ne permettant plus les mêmes certitudes que par le passé, il pourrait regretter d’avoir ainsi été faussement surprotégé au lieu d’avoir été préparé à un nouveau métier.
La difficulté est que tant que l’on pose le problème sous un angle économique, toute remise en question de ces pratiques n’est vue qu’au prisme de la volonté de l’employeur de maximiser son profit au détriment de la prise en compte de l’humain.
Et pourtant, les mêmes qui considèrent sans limite ce devoir de reclassement de l’entreprise refuseraient probablement de voir tripler le prix de leur baguette de pain au titre que leur pauvre boulanger serait rendu, suite à des vagues successives d’allergie à la farine, à faire son pain tout seul tout en devant couvrir le salaire de ses 5 comptables.

Mais nous sommes convaincus et observons aujourd’hui que ces dérives ont aussi des conséquences sociales : parce que de plus en plus souvent, la non polyvalence des uns génère les monotâches des autres et que lorsque les abus sont manifestes, se développe chez ceux qui ont la malchance de rester valides un sentiment d’iniquité, avec peu à peu une lassitude, puis une frustration voire une colère qui finissent même par ressembler fortement à des RPS …

 

Yves Pinaud


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C’est le nombre de ruptures conventionnelles signées en douze mois (entre le 1er décembre 2013 et le 30 novembre 2014), soit une augmentation de 4,7 % par rapport aux douze mois précédents, selon les chiffres de la Dares.
Précisons que le rythme mensuel de signatures de ruptures conventionnelles se situait en 2014 entre 25 000 et 32 000.
L’allongement du délai de carence pour toucher le chômage n’a pour l’instant pas eu d’effet dissuasif sur les salariés. Précisons tout de même que celui-ci s’allonge uniquement lorsque le salarié quitte son entreprise avec des indemnités supra légales.


Mots croisés
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L'IDée du mois
Conte d’évaluation

Au départ ce n’était que l’évidence d’un défaut dans son management. Dans les réunions mensuelles de son club de patrons favori, il en convenait humblement : « Non, chez lui il n’existait pas encore de dispositif d’évaluation de la contribution et du potentiel des salariés de son entreprise ».

Bizarrement, il tirait de cette confession un sentiment plutôt agréable. Accepter, voire s’auto-infliger cette critique lui donnait l’impression rassurante d’une lucidité sur lui-même et son entreprise.
Au sein de son entreprise tout son comité de direction en convenait, il faudrait un jour y remédier ; mais jour après jour, des problèmes plus urgents remettaient au lendemain ce projet. Et puis après tout ça marchait quand même, alors…

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L'écho des tribunaux
La baguette du dimanche : un goût amer pour certains boulangers !
L'écho des tribunaux

Les clients de Monsieur Cazenave, boulanger des Landes, seront désormais privés de baguette le dimanche. En effet, le boulanger s’est vu interdire d’ouvrir sa boulangerie ce jour-là. On a beaucoup parlé de cette affaire mais pas toujours dans les bons termes.


Le texte du mois
L’entretien professionnel
Texte du mois

Développement des compétences, employabilité ? Et si l’on en parlait !
Voilà au moins une appellation courte, explicite, compréhensible. Pas comme les entretiens d’objectifs, de performance, de progrès, d’efficience…


Gilles Karpman : Directeur de la Publication - newsletter@ideeconsultants.fr
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